Réponse directe : Les pompes à chaleur haute température (PAC HT) permettent de produire de l’eau chaude jusqu’à 90 °C et de la vapeur jusqu’à 150 °C avec un COP de 2,5 à 4, remplaçant les chaudières gaz et réduisant les émissions CO₂ de 60 à 90 %. En industrie agroalimentaire, chimique ou papetière, elles couvrent les procédés de pasteurisation, stérilisation, évaporation et séchage avec un coût de production de chaleur inférieur de 40 à 55 % à celui du gaz. Les aides disponibles (CEE IND-UT, ADEME Fonds Chaleur, France 2030) couvrent 40 à 70 % de l’investissement, ramenant le ROI à 3 à 5 ans.
Points clés à retenir
- PAC haute température : production de chaleur jusqu’à 150 °C (vapeur MVR) et 120 °C (CO₂ transcritique) pour les procédés industriels — 50 % des besoins thermiques de l’industrie manufacturière
- COP de 2,5 à 4 selon le lift thermique (différence source froide / température livrée) — chaque kWh électrique produit 2,5 à 4 kWh de chaleur procédé
- Réduction CO₂ de 60 à 91 % vs chaudière gaz, même en comptabilisant l’électricité (mix français à 0,064 kgCO₂/kWh)
- Économies sur la facture énergétique de 40 à 55 % vs gaz industriel (PAC HT à 0,040 €/kWh vs chaudière gaz à 0,084 €/kWh)
- Aides cumulables : CEE IND-UT (150 000–350 000 € pour 2 MW) + ADEME Fonds Chaleur + France 2030 = 40 à 70 % de l’investissement financé
La chaleur industrielle de faible et moyenne température (80-200 °C) représente environ 50 % de la consommation énergétique finale de l’industrie européenne, selon l’Agence Internationale de l’Énergie. Aujourd’hui, cette chaleur est produite à 80 % par des combustibles fossiles — gaz naturel en tête. Face à la hausse du prix du carbone (EU ETS), à la volatilité du gaz et aux objectifs de neutralité carbone 2050, les industriels cherchent des alternatives crédibles. Les PAC haute température constituent la réponse technologique la plus mature et la plus rentable pour décarboner les procédés industriels à chaleur douce et moyenne. Leur déploiement s’accélère en France depuis 2022, porté par le plan France 2030 et la 6e période des certificats d’économies d’énergie (CEE).
Principe de la PAC haute température : cycles thermodynamiques adaptés
Une PAC haute température fonctionne selon le même principe qu’une PAC résidentielle — cycle à compression de vapeur — mais avec des adaptations majeures pour atteindre des températures de livraison de 90 à 150 °C. Le cycle comprend quatre étapes : évaporation de la source froide (chaleur fatale industrielle récupérée à 30-70 °C), compression du fluide frigorigène vers haute pression et haute température, condensation pour livrer la chaleur au procédé industriel (90-150 °C), et détente pour faire chuter la pression et recommencer le cycle. Le point critique est le choix du fluide frigorigène : il doit supporter des pressions et températures élevées tout en étant stable chimiquement. Pour les PAC HT à 90-110 °C, l’ammoniac (R717) et le R245fa sont les fluides de référence. Pour 100-120 °C, le CO₂ transcritique (R744) offre un GWP de 1 — neutre pour le climat. Pour 130-150 °C, la recompression de vapeur mécanique (MVR — Mechanical Vapor Recompression) comprime directement de la vapeur d’eau, avec des COP très élevés (3,5 à 5) sur des lifts thermiques faibles. La PAC HT est optimisée quand elle s’appuie sur une source de chaleur fatale industrielle à 40-70 °C — rejets de compresseurs, condenseurs de process, fumées diluées, eau chaude de refroidissement. Pour en savoir plus sur la récupération de ces gisements, voir notre article sur la valorisation de la chaleur fatale.

Gamme de températures et technologies disponibles
Les PAC haute température se déclinent en quatre familles technologiques selon la plage de température visée :
| Technologie | Température de livraison | Fluide frigorigène | COP typique | Fabricants de référence |
|---|---|---|---|---|
| PAC compression monoétagée HT | 90–110 °C (eau chaude / vapeur BP) | R717 (ammoniac), R245fa | 3,5–4,5 | Mayekawa, Star Refrigeration, GEA |
| PAC CO₂ transcritique | 100–120 °C | R744 (CO₂), GWP = 1 | 3,0–3,8 | Mayekawa, Frigopol, ENGIE Lab |
| PAC biétagée / cascade | 120–140 °C | R717, R1234ze(Z) | 2,5–3,2 | Kobe Steel, Ochsner, Siemens Energy |
| MVR — Recompression vapeur | 130–150 °C (vapeur saturée) | Vapeur d’eau (R718) | 3,5–5,0 (lift faible) | GEA, SPX Flow, Howden |
Le marché des PAC HT industrielles est en forte croissance : la capacité installée mondiale a été multipliée par 3 entre 2019 et 2024 selon l’AIE (rapport Industrial Heat Pumps, 2024). En France, l’ADEME recense plus de 150 installations industrielles de PAC HT en service ou en projet à fin 2025, pour une puissance cumulée supérieure à 500 MW thermiques.
Cas d’usage industriels : agroalimentaire, chimie, papier, blanchisserie
Les PAC haute température trouvent leur application dans tous les secteurs industriels à chaleur douce et moyenne :
- Industrie agroalimentaire : pasteurisation (72-90 °C), stérilisation UHT (135-150 °C avec MVR), cuisson, blanchiment, évaporation du lactosérum. Une laiterie de 500 000 L/jour peut remplacer une chaudière gaz de 3 MW par une PAC HT de 2,5 MW électrique produisant 7-8 MW thermiques à 90-95 °C. Réduction CO₂ : 75 à 85 %. Pour les enjeux spécifiques du secteur, voir notre guide sur la décarbonation agroalimentaire
- Chimie et pétrochimie : distillation à basse pression, évaporateurs sous vide, réacteurs de polymérisation, séchage de résines. Les PAC HT à 110-130 °C s’intègrent dans les colonnes de distillation pour réduire la consommation de vapeur vive, avec des économies de 40 à 60 % sur le poste vapeur
- Industrie papetière et carton : séchage des rouleaux de papier (vapeur à 120-140 °C), cuisson des pâtes, récupération de condensats. La PAC HT est couplée à la chaleur fatale des évaporateurs et des turboalternateurs existants pour maximiser le COP
- Blanchisserie industrielle et santé : stérilisation des textiles médicaux (121 °C, 2 bar), lavage haute température, vapeur de process. Une blanchisserie de 10 t/jour peut économiser 350 000 kWh de gaz/an en substituant une PAC HT à sa chaudière vapeur basse pression
- Data centers : chaleur fatale des serveurs (40-55 °C) valorisée par PAC HT pour alimenter un réseau de chaleur urbain ou une industrie voisine à 80-90 °C — symbiose industrielle en plein développement en France

COP, consommation électrique et économies CO₂
La performance économique et environnementale d’une PAC HT dépend de trois paramètres clés : le COP (lié au lift thermique), le prix de l’électricité (tarif industriel) et le facteur d’émission du réseau électrique.
| Scénario | Source froide | T° livraison | COP PAC HT | Coût chaleur (élec. 0,12 €/kWh) | Réduction CO₂ vs gaz (mix FR) |
|---|---|---|---|---|---|
| PAC HT optimale | 60 °C (chaleur fatale) | 90 °C | 4,5 | 0,027 €/kWh | 91 % |
| PAC HT standard | 40 °C (eau de refroidissement) | 110 °C | 3,2 | 0,038 €/kWh | 89 % |
| PAC HT cascade | 30 °C (eau froide) | 130 °C | 2,6 | 0,046 €/kWh | 86 % |
| PAC MVR vapeur | Vapeur 120 °C | 150 °C | 4,2 | 0,029 €/kWh | 90 % |
| Chaudière gaz (référence) | — | Jusqu’à 200 °C | 0,92 | 0,087 €/kWh | 0 % (référence) |
Même avec un mix électrique européen moyen (0,23 kgCO₂/kWh vs 0,064 pour la France), la PAC HT à COP 3,0 émet 0,077 kgCO₂/kWh de chaleur — contre 0,252 kgCO₂/kWh pour la chaudière gaz, soit une réduction de 69 %. Pour les industries soumises au marché carbone européen (EU ETS), chaque tonne de CO₂ évitée représente une économie additionnelle de 60 à 100 € (prix 2024-2025 du carbone EU ETS). Pour les enjeux de décarbonation dans les industries les plus intensives, voir notre article sur la décarbonation de l’industrie lourde.
Aides financières : CEE IND-UT, ADEME, France 2030
Le financement d’une PAC haute température industrielle peut être structuré autour de trois dispositifs cumulables :
- CEE — Fiche IND-UT-136 (Pompes à chaleur haute température dans l’industrie) : prime calculée en kWh cumac selon la puissance thermique installée. Pour une PAC HT de 2 MW remplaçant une chaudière gaz dans un site agroalimentaire, la prime CEE atteint 150 000 à 350 000 €. Elle est versée par un obligé CEE (EDF, Engie, TotalEnergies, Alpiq, Eni…). L’éligibilité requiert un professionnel qualifié et un dossier technique documenté
- ADEME — Fonds Chaleur Renouvelable : les PAC HT > 30 kW valorisant une source de chaleur renouvelable (géothermie, biomasse en source froide) ou de la chaleur fatale industrielle sont éligibles au Fonds Chaleur. L’aide peut atteindre 20 à 40 % du coût d’investissement, plafonnée selon la puissance. Les dossiers sont déposés auprès des DREAL en coordination avec l’ADEME régionale
- France 2030 — AAP Décarbonation industrielle : les appels à projets « Décarbonation de l’industrie » de l’ADEME (programme France 2030) financent les projets de rupture technologique en décarbonation thermique, dont les PAC HT. Les subventions atteignent 20 à 40 % pour les projets intégrés dans un plan de décarbonation site. Les guichets sont ouverts en continu sur le site de l’ADEME
Ces trois aides sont cumulables. Pour un projet d’installation PAC HT de 1,5 M€ (2 MW thermiques), un plan de financement typique serait : CEE IND-UT 250 000 € (17 %) + Fonds Chaleur 350 000 € (23 %) + France 2030 150 000 € (10 %) = 750 000 € d’aides (50 %) — ramenant le ROI sur la part autofinancée à 3 à 4 ans avec les économies d’énergie réalisées.
En résumé
Les pompes à chaleur haute température (90-150 °C) constituent aujourd’hui la solution de décarbonation thermique industrielle la plus rentable pour les procédés à chaleur douce et moyenne. Avec un COP de 2,5 à 4,5, elles réduisent les émissions CO₂ de 60 à 91 % par rapport aux chaudières gaz et abaissent le coût de production de chaleur de 40 à 55 %. Les secteurs prioritaires sont l’agroalimentaire, la chimie, le papier, la blanchisserie et la santé — soit 50 % des besoins thermiques industriels. Le triptyque d’aides CEE IND-UT + Fonds Chaleur ADEME + France 2030 peut couvrir 40 à 70 % de l’investissement, avec un ROI de 3 à 5 ans. Pour intégrer une PAC HT dans une stratégie de décarbonation globale de site, consultez nos guides sur la décarbonation agroalimentaire, la décarbonation de l’industrie lourde et la valorisation de la chaleur fatale.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'une PAC haute température et comment fonctionne-t-elle jusqu'à 150°C ?
Une pompe à chaleur haute température (PAC HT) est une machine thermodynamique qui élève la température d'une source de chaleur à basse ou moyenne température (chaleur fatale industrielle, eau de rivière, géothermie, condenseurs de process) jusqu'à des niveaux utilisables dans les procédés industriels — entre 90 °C et 150 °C pour les PAC HT de dernière génération. Le principe repose sur un cycle à compression de vapeur, identique à celui d'une PAC classique, mais adapté pour fonctionner avec des pressions et des températures nettement supérieures. La clé est le choix du fluide frigorigène : les fluides traditionnels (R410A, R134a) ne supportent pas les hautes températures. Les PAC HT utilisent des fluides frigorigènes haute température comme le R245fa (jusqu'à 90-100 °C), le R1234ze(Z) ou l'R717 (ammoniac, jusqu'à 110-120 °C), le CO₂ transcritique (R744, jusqu'à 120 °C) et, pour les PAC à 130-150 °C, des fluides expérimentaux comme l'eau (R718) ou des mélanges azéotropiques nouvelle génération. L'efficacité est mesurée par le COP (Coefficient of Performance) : une PAC HT produisant 1 kW de chaleur à 130 °C à partir d'une source à 60 °C consomme typiquement 0,3 à 0,4 kW d'électricité, soit un COP de 2,5 à 3,3. Ce COP est moins élevé qu'une PAC basse température (COP 4-6) car la différence de température (lift thermique) est plus grande — mais il reste bien supérieur à 1, ce qui signifie que chaque kWh d'électricité produit 2,5 à 4 kWh de chaleur industrielle. Pour des applications à 90-110 °C, les COP atteignent 3,5 à 4,5 selon la source froide disponible. La PAC HT peut être couplée à la <a href="https://bureauecologie.fr/valoriser-chaleur-fatale-reseau-chaleur/">valorisation de la chaleur fatale</a> du site pour maximiser le COP en utilisant des rejets thermiques à 40-70 °C comme source froide.
Quelles technologies de PAC haute température sont disponibles et quelles températures atteignent-elles ?
Le marché des PAC haute température industrielles est structuré autour de quatre familles technologiques, chacune couvrant une plage de température différente. La première famille est la PAC à compression monoétagée haute température (90-110 °C) : c'est la technologie la plus mature, disponible auprès de fabricants comme Mayekawa (UNIMO), Kobe Steel, Mitsubishi Heavy Industries et Star Refrigeration. Ces systèmes utilisent l'ammoniac (R717) ou le R245fa comme fluide frigorigène. Ils conviennent pour remplacer les chaudières gaz basse pression dans l'industrie agroalimentaire, la blanchisserie et les procédés à vapeur jusqu'à 110 °C. La deuxième famille est la PAC à CO₂ transcritique (100-120 °C) : le CO₂ opère en cycle transcritique, dépassant son point critique à 31 °C, ce qui lui confère des propriétés uniques pour les applications haute température. Des fabricants comme Frigopol, Mayekawa et ENGIE Lab proposent des systèmes atteignant 120 °C avec un GWP de 1 (neutre pour le climat). La troisième famille est la PAC à compression biétagée ou en cascade (120-140 °C) : deux étages de compression en série permettent d'atteindre des niveaux de température plus élevés avec un meilleur COP que si l'on forçait un monoétagé. Technologies pionnières : Ochsner, Kobe Steel (Japan), Siemens Energy (MVR). La quatrième famille est la PAC à recompression de vapeur mécanique (MVR — Mechanical Vapor Recompression, jusqu'à 150 °C) : la MVR comprime de la vapeur d'eau directement et peut produire de la vapeur saturée jusqu'à 150 °C (3,8 bar). Cette technologie est particulièrement adaptée aux évaporateurs et séchoirs industriels. Le tableau comparatif complet figure dans l'article. Pour les industries à forts besoins thermiques, voir aussi notre guide sur la <a href="https://bureauecologie.fr/decarbonation-industrie-lourde-acier-ciment-verre/">décarbonation de l'industrie lourde</a>.
Quels secteurs industriels peuvent utiliser une PAC haute température et quels sont les cas d'usage concrets ?
Les PAC haute température s'adressent à tout secteur industriel dont les procédés nécessitent de la chaleur entre 80 °C et 150 °C — ce qui représente environ 50 % des besoins thermiques de l'industrie manufacturière européenne selon l'AIE. Dans l'industrie agroalimentaire, les PAC HT couvrent la pasteurisation (72-90 °C), la stérilisation UHT (135-150 °C avec MVR), le séchage par atomisation, la cuisson et le blanchiment. Concrètement, une laiterie traitant 500 000 L/jour peut remplacer une chaudière gaz de 3 MW par une PAC HT de 2,5 MW électrique produisant 7 MW de chaleur à 85-95 °C — réduisant ses émissions de 70 % pour cet usage. Pour les spécificités du secteur, voir notre article sur la <a href="https://bureauecologie.fr/decarbonation-agroalimentaire-energie-froid-procedes/">décarbonation agroalimentaire</a>. Dans l'industrie chimique, les PAC HT alimentent les réacteurs de distillation, les évaporateurs sous vide et les échangeurs de chaleur procédé. Les températures requises (90-130 °C) correspondent bien aux PAC à ammoniac biétagées. Dans l'industrie papetière, la chaleur de process (vapeur à 120-140 °C pour la cuisson des pâtes, séchage des rouleaux) peut être partiellement substituée par des PAC HT couplées à la chaleur fatale des condenseurs de turbines. Dans le secteur de la blanchisserie industrielle et de la santé (stérilisation), les PAC HT à 90-110 °C remplacent les chaudières vapeur de faible pression avec un retour sur investissement de 3 à 5 ans selon les prix du gaz. Dans l'industrie du verre et de la céramique, les PAC HT servent au préchauffage des pièces et des fours tunnels en sortie de cuisson. Dans les data centers, la chaleur fatale des serveurs (40-55 °C) est valorisée par une PAC HT pour alimenter un réseau de chaleur urbain à 90 °C.
Quel est le COP réel d'une PAC haute température industrielle et quelles économies de CO₂ peut-on attendre ?
Le COP (Coefficient of Performance) d'une PAC haute température dépend principalement de deux paramètres : la température de la source froide (chaleur fatale récupérée) et la température de livraison souhaitée. Pour une PAC HT délivrant à 90 °C avec une source froide à 50 °C (lift = 40 K) : COP typique de 4,0 à 4,5. Pour une PAC HT délivrant à 110 °C avec une source froide à 40 °C (lift = 70 K) : COP typique de 3,0 à 3,5. Pour une PAC HT délivrant à 130 °C avec une source froide à 30 °C (lift = 100 K) : COP typique de 2,5 à 3,0. Pour une PAC MVR délivrant de la vapeur à 150 °C avec de la vapeur d'eau à 120 °C en entrée (lift = 30 K) : COP typique de 3,5 à 5,0 (la MVR est très efficace sur des lifts faibles avec de la vapeur). Ces COP sont à comparer au rendement d'une chaudière gaz (rendement 0,90-0,95 = "COP" de 0,9-0,95). Pour produire 1 MWh de chaleur à 110 °C : chaudière gaz consomme 1,05-1,1 MWh de gaz (1,95-2,04 tCO₂/MWh PCI avec le facteur d'émission gaz de 0,227 kgCO₂/kWh), soit 0,23 tCO₂/MWh de chaleur. PAC HT avec COP 3,0 consomme 0,33 kWh d'électricité/kWh de chaleur, soit 0,021 tCO₂/MWh de chaleur (avec le mix électrique français à 0,064 kgCO₂/kWh). Réduction CO₂ : 91 %. Même avec un mix électrique européen moyen (0,23 kgCO₂/kWh), la réduction est de 67 %. En termes financiers, avec un prix du gaz à 0,08 €/kWh (tarif industriel) et un prix de l'électricité à 0,12 €/kWh : coût de production chaleur chaudière gaz = 0,084 €/kWh, PAC HT COP 3,0 = 0,040 €/kWh — économie de 52 % sur la facture énergétique.
Quelles aides financières existent pour installer une PAC haute température industrielle (CEE, ADEME, France 2030) ?
Les PAC haute température industrielles bénéficient d'un triptyque d'aides financières qui peut couvrir 40 à 70 % du surcoût d'investissement. La première aide est le Certificat d'Économies d'Énergie (CEE) via la fiche IND-UT-136 (pompes à chaleur à haute température dans l'industrie). Cette fiche est spécifiquement dédiée aux PAC industrielles remplaçant des chaudières gaz ou fioul. Le montant est calculé en kWh cumac selon la puissance thermique installée et la durée de vie de l'équipement. Pour une PAC HT de 2 MW installée dans une industrie agroalimentaire, la prime CEE représente typiquement 150 000 à 350 000 € selon l'obligé CEE (EDF, Engie, TotalEnergies, Alpiq…). Pour comprendre les fiches CEE industrielles, voir notre article sur les <a href="https://bureauecologie.fr/fiches-cee-ind-ut-liste-procedes-industriels/">fiches CEE IND-UT pour les procédés industriels</a>. La deuxième aide est le dispositif ADEME — Fonds Chaleur Renouvelable : bien que le Fonds Chaleur soit principalement orienté biomasse et géothermie, les PAC HT > 30 kW valorisant des sources renouvelables ou de la chaleur fatale sont éligibles sous certaines conditions. L'aide peut atteindre 20 à 40 % du coût d'investissement dans certaines régions. La troisième aide est France 2030 — volet décarbonation industrielle : le plan France 2030 finance la décarbonation des industries avec des guichets spécifiques (AAP "Décarbonation de l'industrie" de l'ADEME). Les projets PAC HT dans le cadre de plans de décarbonation site peuvent bénéficier de subventions de 20 à 40 %. Les appels à projets sont publiés sur le site de l'ADEME. Ces trois aides sont cumulables. Pour un projet de 1,5 M€ d'installation PAC HT, le plan de financement typique est : 25 % CEE (375 000 €) + 25 % Fonds Chaleur ou France 2030 (375 000 €) + autofinancement 50 % (750 000 €) — avec un ROI sur la part autofinancée de 3 à 5 ans.
